
Savait-il où il allait, ce goéland matinal ? Ses traces laissaient deviner ses divagations et Matuta ne semblait pas lui avoir bien ouvert les yeux. Mais bien qu'encore tout confus de sa nuit, il avait marqué le sable de traces bien nettes, comme s'il avait arpenté la plage tel un sergent-major, avec autorité et certitude de son trajet.
Tout comme nous, le matin, lorsque nous partons vaquer à nos affaires quotidiennes. Savons-nous vraiment où nous allons ? Sommes-nous si sûrs de nos buts ? Nous allons fermement toujours bien en avant, mais nous ne laissons aucune trace dernière nous. Du moins, le croyons-nous.

Photographies prises par l'auteure au Grau-du-Roi, France, le 15 juin 2008.
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