Soutiens-moi !

























La main s’est faite amicale sur l’épaule, légèrement sollicitante. Il fait chaud, ce jour d’avril. Elle a marché longtemps, allant d’un badaud à un chaland, quémandant une piécette. Si chaud, et pourtant c’est encore le printemps.

Personne ne lui parle, personne ne la regarde franchement. Elle n’existe pas, ou alors seulement comme une intruse, une incommodité, une mouche qu’on chasse, agacé, d’un revers de la main.

Fatiguée, elle a alors quitté les allées du marché aux puces, leur agitation et la foule affairée à dégotter la bonne affaire. Celle qu’on montrera fièrement à ses amis, en articulant son prix. Imbattable, bien entendu.

Réfugiée sous la marquise sans ombre de l’arrêt du tram, elle a cherché un peu de (ré-)confort auprès de la femme de bronze qui cherche pour l’éternité une pièce de monnaie dans son sac.

Photographie prise par l’auteure à Genève, le 30 avril 2005

Noter cette page

8/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.